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Avant toute chose, nous tenons à vous remercier pour l’enthousiasme que vous nous démontrez à chaque nouvelle action, réunion ou idée que nous vous présentons. Cela nous motive pour lancer de nouvelles choses !

Le 15 Octobre dernier, se tenait dans le cadre de Vincennes en Transition, la réunion de lancement de la création d’une coopérative énergétique citoyenne sur le territoire de Vincennes. Ce sont près de 40 personnes qui se sont réunies afin d’en apprendre plus sur ce sujet.

Ce projet comporte 3 axes :

Axe 1 : Une structure citoyenne

Axe 2 : La production d’énergie renouvelable

Axe 3 : Le territoire

Axe 1 : Une structure citoyenne

Les citoyens assurent la gouvernance de la coopérative, c’est-à-dire qu’ils prennent les décisions et financent les projets.

Cette démarche est non spéculative. L’objectif est de financer la transition écologique. Les bénéfices attendus sont beaucoup de plaisir et une réduction des émissions de CO2.

L’ambition est de créer une boucle éco-lonomique (écologique et économique) sur le territoire, pour répondre aux exigences de la transition énergétique. Il représente une excellente opportunité pour sensibiliser les populations sur les questions énergétiques. 

Le sujet de l’électricité est très théorique, et se limite souvent à l’utilisation de l’interrupteur. La relocalisation de sa production permet de se réapproprier et de se rendre compte du travail nécessaire et donc de son importance.

Il est également utile de préciser que cette structure citoyenne sera ancrée localement et travaillera en partenariat avec de nombreux acteurs du territoire tels que les collectivités, les entreprises, les associations, les institutions et les consom’acteurs.

Axe 2 : La production d’énergie renouvelable

La part des énergies renouvelables dans la production de l’énergie totale en France est de  16% en 2017 pour un objectif de 20% en 2020.

La région Ile de France est particulièrement en retard avec moins de 5% d’énergie renouvelable dans sa consommation d’énergie finale.

Quelle est la tendance actuelle ?

  1. Notre société devrait toujours plus tendre vers la sobriété énergétique et une optimisation de notre consommation.

Nombreux sont les messages publics invitant les utilisateurs à couper les appareils électriques en veille, ou lorsqu’ils n’ont pas d’utilité.

D’autre part, ces dernières années, des aides et déductions d’impôts ont été mises en place afin d’inciter à la rénovation énergétique, beaucoup reste à faire.

2. Dans le même temps, nous observons également une électrisation généralisée de la société via par exemple ; le développement des trottinettes, scooters, voitures et vélos électriques.

En France, l’énergie renouvelable provient principalement

  1. du Bois (39,6%),
  2. Hydraulique (16,7%),
  3. Biocarburants (10,2%),
  4. Pompes à chaleur (8,9%),
  5. Eolien (8,2%),
  6. Déchets (5,4%),
  7. Biogaz (3,5%),
  8. Solaire Photovoltaique (3,2%),
  9. Autres (4,4%).

« Le solaire et l’éolien deviennent si bon marché que leur coût moyen est désormais inférieur à celui de l’énergie nucléaire, du pétrole, du charbon ou même du gaz naturel ». « C’est un tournant majeur »

Jeremy Rifkin

Ces solutions sont donc de plus en plus compétitives. L’empreinte carbone liée à la production d’électricité photovoltaïque est aujourd’hui amortie en moins de 2 ans d’utilisation pour des installations prévues pour durer plus de 30 ans. Au bout de 30 ans, en revanche, les panneaux perdent environ 15% de leur capacité.

Evidemment, tous les toits, ne peuvent pas supporter l’installation de panneaux photovoltaïques et une étude de faisabilité doit préalablement être réalisée avant de démarrer un projet. Globalement les toits en tôles ondulées doivent être renforcés avant d’envisager toute installation. Il faut en effet compter 12kg/ m². D’autre part, les rendements ne sont pas les mêmes suivants les orientations et la période de l’année.

L’énergie produite est soit revendue soit autoconsommée. Le plus rentable pour une coopérative citoyenne reste de vendre l’énergie qu’elle produit au réseau. Notamment parce que les pics de production sont en juin et juillet période de plus faible consommation. Mais aussi parce que l’Etat garantit un prix de revente à 11centimes du kWh pendant 20 ans.

A titre d’information, 10% de la production d’électricité venant des centrales nucléaires est perdu en transitant sur le réseau électrique, ce qui motive et justifie les projets de création centrales solaires ou éoliennes locales, au plus près des lieux de consommation.

D’autre part, il faut tenir compte des risques tels que le feu, la grêle ou l’étanchéité de la toiture qui peuvent avoir un impact majeur sur la production et donc la rentabilité du projet.

Qu’adviendra-t-il des panneaux photovoltaïques âgés de plus de 30 ans ?

Les panneaux installés dans les années 80 et 90, doivent maintenant être recyclés. Cette nouvelle demande a permis l’émergence d’une filière industrielle de recyclage. Véolia a par exemple installé sa première usine dans le sud de la France. Les technologies étant nombreuses, il est important au moment de l’achat de vérifier l’existence d’une filière de recyclage adaptée à la technologie choisie.

 

Graphe présentant l’évolution de l’impact environnemental des panneaux solaires

Axe 3 : Le territoire

Le bassin de la population concerné par cette coopérative doit être suffisamment important pour avoir des financements, des partenariats territoriaux mais également de la surface de toiture.

Il est nécessaire de parler de taille critique : 

  • Un pavillon permet de produire 9 kW crète et d’alimenter 3 foyers.
  • Une toiture de 200 m² de panneaux permet de produire 36 kW crète (par exemple une toiture d’école). 
  • C’est avec une toiture de 600m² (par exemple un collège ou un lycée) que la production atteint les 100 kW crête. Soit la consommation de 33 foyers « d’aujourd’hui » (hors sobriété énergétique).

Pour  optimiser sur le long terme le fonctionnement d’une coopérative coitoyenne, il faut viser l’installation de centrales sur une 20ène de toitures de 200  à 600m². Ce qui représente un investissement de 1 à 1million ½ d’euros.

L’installation compte en grosse partie des frais fixes, indépendants de la taille du chantier (eg. tirage de câbles pour le raccordement au réseau électrique).  Le prix des panneaux solaires ne représente in fine que 20 à 30% du budget total !

Qui sont les partenaires identifiés ?

Energies Partagées est une association qui assure un soutien aux porteurs de projets : kits de sensibilisation, formations, retours d’expériences et réseaux de coopératives. Particulièrement implantéé dans le Sud de la France, l’association se déploie dans le Nord et en Ile de France depuis quelques années. 

En quelques chiffres, ce sont :

  • 300 projets promus et financés par des projets de coopératives citoyennes. 
  • En IDF, ce sont 15 projets depuis 2015. 

Plaine Energie Citoyenne est une coopérative née en 2017 à Saint Denis et qui travaille sur le territoire de la Plaine Commune.

Son objectif est de fédérer les 400 000 citoyens du territoire. A partir de Janvier 2017, des rencontres mensuelles sont organisées avec Energies Partagées sur les thèmes de comment mobiliser les citoyens ? comment s’approprier des sujets techniques ? juridiques ? ou financiers ? 

Il leur a fallu 6-8 mois de démarchage pour rencontrer les citoyens, les collectivités et autres acteurs du territoire. Cette activité ô combien importante est chronophage et non rémunératrice. 

L’association se forme et devient coopérative en 2018. Elle répond au 1er appel à projet de la région IdF en 2019. La recherche d’investisseurs se base largement sur la garantie de rachat par l’état à un prix fixe du kWh sur une période de 20 ans. 

Aujourd’hui, la coopérative s’étend sur le territoire de la Plaine Commune soit 9 communes. Elle comprend 85 sociétaires dont des associations, une entreprise et 4 collectivités. 

Un projet a émergé, sur le toit d’une école d’Epinay. D’autres projets sont en cours d’études sur d’autres communes.  Elle souhaite lancer un projet par commune du territoire. 

Electrons Solaires, une coopérative du territoire « Est Ensemble » et fonctionnant sur le même modèle a déjà pu réaliser cet été un déploiement de 200 m2 de panneaux solaires sur le toit d’une école des Lilas. C’est une première en Ile de France et montre la voie pour les autres projets. 

 

Et maintenant qu’est-ce qu’on fait ?

  1. Création d’un groupe de citoyens et citoyennes intéressés.
  2. Formations des citoyens au sujet par Energies Partagées
  3. Détermination du nom du projet
  4. Rédaction des statuts et lancement de l’association.
  5. Organisation de réunions publiques à Vincennes et dans d’autres villes alentours.

Si vous êtes intéressés par le sujet, n’hésitez pas à écrire à ENR.autourdevincennes@gmail.com

Ce sont Patrick et Vincent qui sont les deux personnes à l’initiative de ce projet.

N’hésitez pas à nous rejoindre ! Plus on est nombreux et plus on rit !